Archives pour la catégorie Afrique

Egypte: Wilayat Sayna, la branche du groupe EI qui sème la terreur dans le Sinaï

Acculés en Irak et en Syrie, les jihadistes du groupe Etat islamique redoublent de violence avec des attentats meurtriers en Egypte. Deux attaques ont ciblé ce week-end des églises de la communauté chrétienne copte dans ce pays. En Egypte, le groupe Etat islamique représente entre 1 000 et 1 500 hommes.

La branche du groupe Etat islamique en Egypte, Wilayat Sayna ou « Province du Sinaï », tire son nom de la région qu’elle contrôle. Un territoire désertique en forme de triangle sur l’axe el-Arich, Sheikh Zuweid et jusqu’à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza.

Comme en Irak et en Syrie, les jihadistes sont de différentes nationalités. Beaucoup de ressortissants de pays arabes, une minorité d’Occidentaux mais aussi et surtout des Egyptiens.

Il y a trois ans, Wilayat Sayna s’appelait Ansar Bait al-Maqdis et était affilié à al-Qaïda. La répression violente contre les Frères musulmans en Egypte a poussé les membres les plus radicaux de la confrérie dans les bras de ce groupe. En 2014, changement de nom et d’allégeance. Le groupe se proclame de l’organisation Etat islamique.

Failles sécuritaires

En Egypte, beaucoup d’experts le reconnaissent, il y a eu des failles sécuritaires importantes ces dernières années. Mais le changement actuel de stratégie des jihadistes, le recours désormais aux attentats suicides, prouve que la lutte antiterroriste fonctionne.

Cela peut paraitre paradoxal, mais selon eux, seul un groupe jihadiste affaibli passe dans la clandestinité et s’en prend à des cibles faciles, des cibles civiles. Jusque-là, Wilayat Sayna s’attaquait principalement aux forces de sécurité égyptiennes. Des casernes de l’armée ont été régulièrement prises pour cible.

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L’avenir de la Gambie suspendu au bras de fer entre Yahya Jammeh et la Cédéao

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Après avoir reconnu sa défaite à l’élection présidentielle du 1er décembre, Yahya Jammeh a finalement annoncé qu’il ne quitterait pas le pouvoir et réclamé un nouveau scrutin. Les pressions diplomatiques n’ont rien changé. Pour le moment, Yahya Jammeh reste déterminé à se maintenir à son poste.

Depuis des semaines, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) le met en garde et envisage même une intervention militaire pour faire respecter le résultat de la présidentielle. Mais les menaces n’ont rien changé à la position de Yahya Jammeh, comme l’a montré son discours du Nouvel An.

« Je vais être très clair : nous sommes prêts à défendre ce pays contre toute agression et il n’y aura aucun compromis sur ce point. Il est incontestable que la perception de la situation par la Cédéao et sa volonté à faire appliquer le résultat de l’élection du 1er décembre sont totalement illégales. Et cela viole le principe de non-ingérence dans les affaires d’un Etat membre. »

Yahya Jammeh y voit même « une déclaration de guerre et une insulte à notre Constitution ». « Sans une solution juste et si la Cédéao ne renonce pas à l’expression « usage de la force », alors nous resterons dans l’impasse. Avec le risque d’une escalade vers une confrontation militaire », a-t-il prévenu.

Peu de place à la discussion

Selon l’analyste politique Sean Smith, responsable Afrique de l’Ouest au cabinet Verisk Mapelcroft, le président gambien cherche en fait à faire monter la pression avant des échéances importantes.

« Les prochaines semaines seront cruciales. D’abord le 10 janvier, la Cour suprême qui a été reconstituée à la hâte, va étudier l’appel de Yahya Jammeh concernant les résultats de la présidentielle. Comme cette cour était en sommeil depuis 20 mois et que le chef de l’Etat a choisi les juges manquants tout récemment, il est probable qu’elle se prononce en sa faveur et qu’elle exige de nouvelles élections. »

Mais dans le même temps, Adama Barrow est censé prendre ses fonctions le 19 janvier, souligne l’expert. « Son équipe, avec le soutien de la Cédéao, a décidé que l’investiture aurait lieu quelle que soit la décision de la Cour suprême. D’ailleurs la commission électorale a déjà dit qu’il n’y avait aucune raison légale pour empêcher cette investiture. Donc la tension va très probablement s’accentuer, car aucun des deux camps ne semble prêt à reculer. »

Coup de bluff ou jusqu’au-boutisme ?

Avec ou sans décision de la Cour suprême, Yahya Jammeh semble donc déterminé à aller jusqu’au bout. C’est en tout cas que pense l’une de ses anciennes conseillères en communication, aujourd’hui exilée aux Etats-Unis, Fatu Camara. Elle, ne croit pas au coup de bluff.

« Yahya Jammeh est désespéré et prêt à tout pour rester au pouvoir, parce qu’il sait que s’il n’est plus président, il n’est plus personne. Et il ne veut pas vivre cette vie-là. Donc s’il se retrouve coincé, ne soyez pas surpris qu’il fasse quelque chose de vraiment vraiment fou. »

Fatu Camara estime que s’il avait voulu quitter le pays, il l’aurait déjà fait. « Beaucoup de personnes disent qu’il cherche une immunité et d’autres garanties, mais Yahya Jammeh a un petit bateau rapide à la marine, s’il voulait partir il l’aurait déjà fait depuis longtemps, à mon avis. Mais là, regardez ce qui se passe : des arrestations d’opposants, des radios fermées… ce qu’il est en train de faire, c’est de rétablir un climat de peur. Pour faire peur aux Gambiens et leur rappeler : je suis là. »

Le chef de l’Etat semble donc avoir recours aux méthodes qui lui ont permis d’asseoir son pouvoir ces 20 dernières années. Mais selon le chercheur Niklas Hutlin de l’université Georges-Mason aux Etats-Unis, le président gambien n’est pas en mesure de s’entêter et de faire face à une intervention ouest-africaine.

« L’armée gambienne n’est pas assez forte, surtout qu’il aurait en face de lui le Sénégal et le Nigeria qui sont des acteurs majeurs. Il n’a pas le soutien de sa population. Il n’a probablement pas le soutien de 100% des militaires, des policiers et des forces de sécurité donc, à mon avis, il va y avoir une issue assez courte et confuse à tout cela. »

La Cédéao se prépare en tout cas à une éventuelle intervention en Gambie. Ce que l’on appelle les forces d’attente ont été mises en alerte en attendant de voir ce que fera Yahya Jammeh le 19 janvier

Déraillement d’un train au Cameroun : les causes d’une catastrophe

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Un pont qui s’effondre, un train qui déraille, des secours qui tardent à arriver. De très lourdes pertes humaines. La catastrophe ferroviaire qui a touché, le 21 octobre 2016, le Cameroun n’en finit pas d’émouvoir tout un pays qui demande aujourd’hui des explications aux autorités.

Avec :

– Joshua Osih, député du SDF (Social Démocratic Front) et vice-président de la Commission du Budget et des Finances de l’Assemblée nationale ;

– Patrice Goldman, victime de la catastrophe ;

– Irène Edou, directrice des Transports ferroviaires au ministère des Transports ;

– J. Rémy Ngono, journaliste-chroniqueur camerounais.

RCA: Jean-Francis Bozizé arrêté par la Minusca à Bangui

 

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Flamme Media

Le fils de l’ancien président centrafricain François Bozizé a été arrêté ce vendredi 5 août. Il était visé par un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre.

Jean-Francis Bozizé, le fils aîné de l’ancien président centrafricain François Bozizé, a été arrêté ce vendredi matin.

Selon le ministre centrafricain de la Justice, les autorités centrafricaines étaient au courant de sa présence dans le pays depuis son arrivée, le mercredi 3 août, et que c’est à la demande du Kwa Na Kwa, le parti de l’ancien président, que son fils, accompagné d’un avocat, s’est présenté à la Minusca. Jean-Francis Bozizé est désormais détenu dans les locaux des SRI, les services de recherche et d’investigation.

La Minusca a procédé à cette arrestation sur la base d’un mandat d’arrêt international émis en mai 2014 par le tribunal de grande instance de Bangui. Jean-Francis Bozizé, ancien ministre de la Défense nationale et bras droit de son père, est poursuivi pour torture, détournement de deniers publics, complicité d’assassinat et association de malfaiteurs par la justice centrafricaine.

Le Conseil national de transition avait promis que si un Bozizé rentrait au pays, il serait arrêté. C’est donc chose faite ce vendredi.

RDC: le 56e anniversaire de l’indépendance célébré en grande pompe à Kindu

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Drapeaux, banderoles, photos du président et militaires tirés à quatre épingles pour la revue des troupes. En RDC, c’est la fête de l’indépendance, la 56e. Et pour l’occasion, le président Joseph Kabila est à Kindu dans la province du Maniema, dans l’est du pays. C’est une première.

A Kindu, il y avait beaucoup de monde ce jeudi pour cette cérémonie dans la rue principale, le boulevard Patrice Lumumba, où se passait ce défilé. A la tribune officielle beaucoup de monde là aussi : le président Kabila, sa femme, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les membres du gouvernement et devant, tous ces militaires qui défilaient, également des représentations de la province, de la société, de l’Assemblée provinciale.

Puis, autour du public, des militants surtout de la majorité avec les drapeaux des différents partis étaient visibles. D’ailleurs, ils le revendiquaient d’être de la majorité. « Pourquoi faudrait-il qu’il y ait une opposition ? A quoi cela sert ? », disaient ces militants, qui étaient donc massés autour. D’autres ont regretté un peu de ne pas pouvoir justement avancer, ils étaient derrière dans les ruelles environnantes avec leurs banderoles également. Ils n’arrivaient pas à atteindre cette avenue, cette tribune officielle pour pouvoir voir le président Kabila que tous ces militants de la majorité souhaitaient voir.

Un défilé militaire était organisé à Kindu pour marquer l’événement. ©

Vers l’indépendance économique

Pour les gens rencontrés ce matin cette cérémonie signifie d’abord le souvenir du sang versé pour obtenir cette indépendance. Beaucoup en ont parlé, beaucoup ont parlé de Patrice Lumumba justement pour dire que cela avait coûté à la République démocratique du Congo. Fiers d’être Congolais, fiers d’être nés au Congo, c’est ce qu’on pouvait entendre un peu partout.

Quand la question suivante apparaissait : qu’est-ce que vous pensez qu’il y a encore à accomplir pour réaliser l’indépendance du Congo ? Tout de suite venait l’idée de l’indépendance économique, de produire congolais et d’être absolument autonome vis-à-vis notamment de l’Occident, qui apporte tout au Congo. Donc une envie d’indépendance économique et sociale, c’est le sentiment aujourd’hui de la population de Kindu.

Niger: les habitants de Bosso fuient la ville pillée par Boko Haram

par Flamme médias

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Au Niger, c’est un véritable carnage qui a eu lieu à Bosso, cette ville des abords du lac Tchad et frontalière du Nigeria, attaquée puis mise à sac durant toute la nuit de vendredi à samedi par le groupe terroriste Boko Haram. Les jihadistes nigérians ont infligé de lourdes pertes aux forces loyalistes au moment de l’assaut : 32 morts et des dizaines de blessés. Après une nuit de pillage, les assaillants ont quitté Bosso qui ressemble aujourd’hui à une ville fantôme dépeuplée de ses habitants.

Les habitants de Bosso laissent derrière eux une ville déserte. Selon l’ancien député  de Bosso El Hadj Aboubacar, ce sont environ 20 000 personnes qui sont actuellement livrées à elles-mêmes dans la brousse autour de Bosso. Elles sont en manque de vivres, sans abri et alors que les températures peuvent dépasser les 40 C°. Selon des sources humanitaires, on compte dans un rayon de 60 kilomètres autour de Bosso pas moins de 120 000 déplacés, dont 60% d’enfants.

Certains ont rejoint Diffa, d’autres tentent de partir vers les localités voisines, mais les véhicules, eux aussi, manquent : il n’y a qu’une poignée de voitures, quelques charrettes et autres moyens de transport rudimentaires et il est hors de question de retourner à Bosso. L’armée est bien présente pour sécuriser la ville, mais pour l’instant, il n’y a pas d’aide humanitaire ni gouvernementale en vue pour les habitants.

Ressources stratégiques

La localité de Bosso est ravagée : hangars brûlés, magasins pillés, vols de nourriture, de médicaments, de munitions, de véhicules. C’est bien aux ressources stratégiques de Bosso que Boko Haram s’est attaqué.

Une action de survie plus qu’une démonstration de force, selon une source humanitaire. D’après elle, le groupe terroriste chercherait à se ravitailler avant la saison des pluies qui doit débuter prochainement. De quoi restreindre la liberté de mouvement de Boko Haram dans les prochains mois, et renforcer son isolement au nord-est du Nigeria. Avant un éventuel déploiement de la force multinationale mixte contre Boko Haram qui tarde à se mettre en place.