La Côte d’Ivoire prête à en découdre avec la France

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Flamme Médias.

La Côte d’Ivoire va disputer ce mardi 15 novembre un match amical face à la France au stade Bollaert-Delelis à Lens. Les deux équipes s’affrontent pour la deuxième fois de leurs histoires et les Ivoiriens sont prêts pour le duel.

Il y a onze ans, la Côte d’Ivoire avait affronté pour la première fois la France lors d’une rencontre amicale qui s’était disputée au stade de la Mosson à Montpellier le 17 août 2005. Les Français s’étaient imposés 3-0. Les buts avaient été marqués par William Gallas, Zinedine Zidane et Thierry Henry. En 2005 la star des Éléphants, l’attaquant Didier Drogba, n’avait pas réussi à trouver la faille dans la défense française. Ce mardi 15 novembre, au stade Bollaert-Delelis, la confrontation promet d’être plus équilibrée.

Giovanni Sio à la pointe de l’attaque

L’attaque de la Côte d’Ivoire est restée bredouille lors du dernier match des éliminatoires de la Coupe du monde, 0-0 face au Maroc, mais c’était surtout la première rencontre sans Gervinho. Le secteur offensif avait été confié à Giovanni Sio, l’attaquant de Rennes, ainsi qu’à Jonathan Kodjia, l’avant-centre d’Aston Villa. Un duo qui n’a pas énormément de repères ensemble.

L’amical face à la France sera une occasion de rôder ce duo avant la CAN. Une rencontre sur le sol français, particulièrement pour Giovanni Sio : « C’est une fierté de pouvoir affronter l’équipe de France. On connaît les qualités des joueurs des Bleus. On sera fiers de porter les couleurs de la Côte d’Ivoire pendant ce match ».

L’attaquant de Rennes n’oublie pas que la Côte d’Ivoire va se présenter diminué pour ce match, et même pour la CAN. « C’est inquiétant de voir des blessés comme Gervinho, Eric Bailly ou encore Thomas Touré. On va devoir gérer ces absences. On doit rester solides. Il n’y a pas de pression. On se connaît tous, on sait qu’on est capable de gérer. Si le sélectionneur m’appelle, c’est qu’il a confiance en moi ». Giovanni Sio l’assure, la Côte d’Ivoire a une génération qui vaut le détour : « Il y a beaucoup de jeunes talents dans notre sélection. Il fallait un peu de changements. Les anciens ont fait leur travail et c’est à nous de prendre le relais. On a beaucoup d’envies. »

Nicolas Pépé, première convocation

Un des symboles de cette jeunesse est Nicolas Pépé. L’attaquant d’Angers, âgé de 21 ans, a fait ses premiers pas en Ligue 1 cette année, ce qui lui permet d’évoluer. « Cette saison j’ai découvert la Ligue 1 et j’essaye d’apprendre avec mes coéquipiers. J’essaye de progresser de jour en jour », souligne le jeune avant-centre.

Nicolas Pépé, au micro de RFI, nous a fait part de ses sentiments quant à sa première convocation : « J’ai ressenti de la joie. J’ai été appelé pour représenter la sélection ‘A’ de mon pays. Tout va vite dans le foot. L’année dernière j’étais en National, et là, être appelé en sélection, c’est que du bonheur. J’en profite un maximum. Il y a une certaine pression car tout le pays va nous regarder. Je vais essayer de gérer cette pression au mieux et de faire de bonnes prestations si je joue. »

Ce mardi 15 novembre, la Côte d’Ivoire va affronter la France avec une pensée pour la CAN, car ce match sert déjà de préparation pour la compétition qui va se dérouler au Gabon au début de l’année prochaine. Pour un joueur comme Nicolas Pépé, cela serait un rêve d’y participer : « C’est dans un coin de ma tête la CAN. Être appelé là maintenant, c’est un plus car on est proche de la compétition. C’est un rêve de jouer pour la sélection et de pouvoir être présent lors de cette épreuve. »

Une certitude pour ce match de gala à Lens, la France devra se passer de quelques-uns de ses cadres comme Antoine Griezmann, blessé, et d’autres devraient être laissés au repos comme le gardien Hugo Lloris.

 

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L’élection de Donald Trump et la question de la coopération militaire en Afrique

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Une transition en douceur, c’est ce que Barak Obama, le président américain, veut désormais après l’élection de Donald Trump. L’actuel locataire de la Maison Blanche doit recevoir son successeur ce jeudi pour organiser le passage de relais. Plusieurs dossiers concernent spécifiquement l’Afrique comme l’immigration, l’économie, l’environnement, ou encore la coopération militaire.

Officiellement, les Etats-Unis ne reconnaissent qu’une seule base militaire en Afrique à Djibouti où 3 000 à 4000 hommes sont déployés. C’est le point de départ d’opérations contre les shebabs en Somalie, ou contre les pirates du golfe d’Aden. Evidemment, la présence américaine est beaucoup plus large. L’Africom, c’est le nom du commandement américain pour l’Afrique, dispose en fait d’un maillage très étroit, dans 45 pays africains, selon le département d’Etat.

Il s’agit parfois de simples conseillers de défense et parfois de véritables postes avancés. C’est le cas au Kenya, en Centrafrique, en Ouganda, mais aussi dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest comme au Sénégal, au Mali, au Niger et au Ghana. En résumé, l’armée américaine est présente à peu près partout en Afrique avec des moyens plus ou moins importants, et une importante capacité de déploiement, en cas de besoin.

Une présence récemment renforcée

Sous l’ère Obama, cette présence s’est renforcée. Notamment au Cameroun, où 300 militaires ont été envoyés il y a un peu plus d’un an pour lutter contre Boko Haram. Les militaires américains se limitent officiellement à des missions de formation et surtout de renseignement, au Cameroun et dans les pays du bassin du lac Tchad. Grâce à des drones, au moins deux selon une source sécuritaire camerounaise, et en collaboration avec la force française Barkhane, la Force d’intervention conjointe multinationale et, bien sûr, l’armée camerounaise.

Après l’élection de Donald Trump à la Présidence américaine, aucune déclaration officielle des autorités camerounaises. Mais un cadre du ministère de la Défense affiche sa confiance : « ils ont prévu de monter en puissance », assure cette source, qui cite même le projet de construction d’une base de maintenance pour l’aviation. Et de conclure : « je ne pense pas que cela va se desserrer, les intérêts américains dans la région sont supérieurs à quelques exigences de politique interne. Ils ne partiront pas de sitôt. »

Au Sénégal, avec qui les Etats-Unis ont signé un accord de coopération militaire il y a six mois, on ne trouve pas de base à proprement parler, mais des entraînements communs et surtout des moyens – non précisés – pour réagir très vite, en cas d’attaque terroriste par exemple.

Le Niger, hub régional

Enfin, il y a aussi le Niger, où le Pentagone a confirmé, il y a un peu plus d’un mois, la construction en cours d’une base aérienne pour déployer des drones. Elle est située à Agadez, pour un coût final estimé à 100 millions de dollars. C’est l’effort militaire américain le plus important en Afrique de l’Ouest et fait du Niger un hub régional clé des opérations militaires des Etats-Unis.

A Niamey, sur l’aéroport de Diori Hamani, la base française 101 accueille des forces américaines. Ici, l’opacité l’emporte et Niamey a déroulé en toute discrétion le tapis rouge à Washington. Combien d’Américains au Niger ? On ne sait pas. Une certitude, tout comme le 11 septembre, l’invasion du Nord Mali par des groupes jihadistes est un tournant avec notamment le renforcement du dispositif de surveillance avec des drones Reaper.

Elu en 2008, Barack Obama applique le « smart power », en français : la « puissance subtile ». L’Amérique tourne la page de la brutalité de l’administration Bush. Trump va-t-il faire du Bush? Le candidat a dit vouloir une guerre totale contre le terrorisme mais a critiqué tout interventionnisme. Le soutien au Niger et au Sahel sera-t-il maintenu, voire plus soutenue ?

Impossible pour le moment de savoir les conséquences que l’élection de Donald va avoir sur tout ce dispositif. Aucune déclaration précise n’a été faite sur ce sujet, pas plus que sur les autres d’ailleurs, pour le moment. Les propos isolationnistes de Donald Trumppeuvent le laisser craindre, mais ce n’est pas ce que pense un haut diplomate américain spécialiste de l’Afrique, pour qui l’armée américaine devrait vite rappeler au nouveau président les intérêts stratégiques de son pays.

A (re)lire : Quelle sera la politique africaine de Donald Trump?

Etats-Unis: rencontre entre Obama et Trump pour préparer la transition

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Barack Obama a accueilli Donald Trump à la Maison Blanche. Une rencontre officielle pour entamer la « transition réussie » souhaitée par l’actuel président des Etats-Unis. Les deux hommes n’ont jamais caché leur inimitié durant la campagne, Barack Obama n’hésitant pas à qualifier Donald Trump de « menace pour l’Amérique ». Mais désormais, le président sortant doit composer avec son successeur. Il l’a donc reçu dans le fameux Bureau ovale.

Donald Trump est arrivé à Washington dans son avion personnel, avant qu’une voiture ne le conduise jusqu’à la Maison Blanche. Une entrée discrète, à l’abri des regards des journalistes et de badauds qui s’étaient rassemblés sur les marches des immeubles les plus proches.

On ne peut que spéculer sur l’ambiance dans le Bureau ovale. Barack Obama a appelé mercredi les Américains à respecter le président élu et les institutions. Donald Trump a été très apaisant dans son discours de victoire, contrairement au ton agressif de ses meetings, rappelle notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

Mais comment oublier les remarques de Barack Obama, estimant dangereux de donner les codes nucléaires à un homme, « manifestement inapte à occuper les plus hautes fonctions », selon ses propres mots. Comment oublier Donald Trump, faisant huer un président démocrate « incompétent » par la foule, et sa promesse de revenir sur les grandes décisions de ses deux mandats.

Une « excellente conversation »

A l’issue de leur rencontre, les deux hommes se sont montrés quelques minutes, très souriants pour les caméras après 1h30 d’un entretien qu’ils ont tous les deux qualifié de cordial et productif.

Le président sortant a même évoqué une « excellente conversation », dans le ton de son premier discours mercredi après l’élection de Donald Trump. Il a promis de faire « tout son possible » pour la réussite du milliardaire. « Car votre succès sera celui du pays », a-t-il confié à son interlocuteur, soulignant l’importance de « de travailler ensemble, pour faire face aux nombreux défis qui nous attendent ».

Même son de cloche du côté de Donald Trump, qui s’est dit « impatient de travailler avec le président dans le futur » et de « recevoir ses conseils ». Selon le prochain résident de la Maison Blanche, les deux hommes ont « abordé toute une série de questions, certaiens agréables et d’autres plus complexes ». « Nous avons parlé près d’1h30 et pour ma part cela aurait pu se prolonger », a confié Donald Trump, qui s’est dit honoré de cette rencontre avec un président pour qui il a « beaucoup de respect ».

On sait que Barack Obama a demandé à son équipe d’être aussi professionnelle et accueillante que l’équipe Bush l’a été à son égard en 2008. Une équipe qui doit préparer aussi les prochains rendez-vous de Donald Trump avec la Maison Blanche. D’ici la fin de l’année, le milliardaire participera à des exercices de simulations depuis le Bureau ovale, pour se préparer à des situations de crise.

Mais ce rendez-vous n’était pas seulement celui de deux hommes politiques. C’est aussi la rencontre entre deux First ladies. L’actuelle première dame Michelle Obama a fait visiter les lieux à Melania Trump.