La fondation Didier Drogba accusée de fraudes par le «Daily Mail»

 

La fondation Didier Drogba accusée de fraudes par le «Daily Mail
La fondation Didier Drogba accusée de fraudes par le «Daily Mail

L’ancien international ivoirien Didier Drogba a annoncé jeudi qu’il allait poursuivre en justice le Daily Mail pour un article dans lequel le tabloïd anglais accuse sa fondation de n’avoir utilisé pour la bonne cause qu’une infime minorité des dons récoltés en Grande-Bretagne.

Dans une enquête, le quotidien britannique Daily Mail s’est intéressé à la fondation de l’ancien international ivoirien Didier Drogba. Selon le tabloïd anglais, la majorité des fonds recueillis par sa fondation n’aurait pas servi la cause qu’elle est censée défendre.

Moins de 1% des sommes reçues auraient été dépensées

Sur les 1,7 millions [2,13 millions d’euros, ndlr] de livres sterling récoltées grâce notamment aux donations de Franck Lampard, John Terry ou encore Roger Federer, seulement 14 115£ auraient été utilisées. Ce qui ferait que moins de 1% des sommes reçues auraient été dépensées. « Des stars et des hommes d’affaire ont donné plus de 1,7 millions de livres sterling à la fondation de l’ancien joueur de Chelsea. Pourtant, étrangement, les comptes montrent que 14 115 livres [17 700 euros] seulement ont été dépensées dans des causes humanitaires », explique ainsi le Daily Mail.

L’argent de la fondation Drogba doit servir à la construction d’hôpitaux et aussi aider les enfants défavorisés de Côte d’Ivoire. « La fondation avait annoncé que les fonds récoltés permettraient de construire au moins cinq cliniques en Côte d’Ivoire mais une seule a été construite et celle-ci est toujours vide, sans personnel et sans équipement », avance le Daily Mail. Le quotidien avance que 439 321£ (550 000 euros, ndlr) auraient été en revanche dépensés pour organiser des fêtes très coûteuses afin de lever des fonds. La fondation Didier Drogba, lancée en 2007, a-t-elle abusé ses donateurs ?

A la suite des allégations du Daily Mail, la fondation créée par l’ancienne star de Chelsea et de Marseille fait depuis mercredi l’objet d’une enquête par l’organe de surveillance des œuvres de charité au Royaume-Uni.

« Je n’ai commis aucune fraude »

Le joueur de l’Impact de Montréal a réagi à ses allégations en publiant un communiqué. «Je n’ai commis aucune fraude, aucune corruption, aucun manque de management, aucun mensonge », assure l’ancien Eléphant. Il précise avoir envoyé au Daily Mail, avant la publication de cette enquête, « 67 pages de documents indiquant que leurs informations étaient incorrectes et diffamatoires ». « Leur tentative de détruire le travail que j’ai fait avec la fondation ne va pas me dissuader et ne m’empêchera pas de continuer le travail que j’ai commencé », écrit Didier Drogba.

« Les accusations du Daily Mail semblent être dues au fait que la fondation n’a pas encore dépensé les fonds des différentes donations en Angleterre d’un montant de 1,7 million (de livres). Ces fonds serviront au moment opportun à rendre le centre de santé opérationnel », ajoute Didier Drogba, en dénonçant un article « irresponsable » qui « remet en cause la vie de milliers d’enfants africains ».

RDC: 112 ONG demandent à Joseph Kabila de faire libérer Jean-Marie Kalonji

RDC: 112 ONG demandent à Joseph Kabila de faire libérer Jean-Marie Kalonji
RDC: 112 ONG demandent à Joseph Kabila de faire libérer Jean-Marie Kalonji

En République démocratique du Congo, 112 ONG des droits de l’homme ont demandé jeudi 14 avril au président Joseph Kabila de faire libérer Jean-Marie Kalonji. Le président du mouvement citoyen La Quatrième Voie est détenu depuis le 15 décembre 2015, date à laquelle il avait été enlevé par des inconnus. Les organisations signataires du document ont également demandé que les auteurs de cet enlèvement soient traduits en justice.

Les faits remontent au 15 décembre 2015. Et Franck Banza, membre de l’ONG Les Amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains, en est convaincu : Jean-Marie Kalonji a été enlevé par quatre hommes en plein jour sur le boulevard du 30 juin.

« Après plusieurs semaines de recherche, sa famille a été informée qu’il serait détenu au cachot de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Il est privé du droit de visite familiale, d’assistance d’un conseil de son choix, et d’être présenté devant une autorité judiciaire compétente », déclare le militant.

→ À (RE)LIRE : Disparition de Jean-Marie Kalonji en RDC, la famille demande des comptes

Dans leur déclaration, les ONG signataires se sont adressées au président de la République : « Les organisations de défense des droits humains signataires, recommandent au président de la République et chef de l’Etat de faire libérer Jean-Marie Kalonji et poursuivre les auteurs de son arrestation et sa détention arbitraire. »

Pour ces organisations, la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies a appelé le gouvernement de Kinshasa de faire cesser immédiatement les arrestations et détentions arbitraires des membres de la société civile et de l’opposition.

RDC: plus de 35 000 déplacés forcés par l’armée de quitter leurs camps

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En République démocratique du Congo (RDC), l’armée congolaise est-elle en train de déplacer, par la force, des milliers de personnes qui ont déjà été déplacées au Nord-Kivu ? Ces dernières semaines, trois camps de déplacés ont été vidés de leur population, à commencer par celui de Mpati, puis celui de Kivuye et, jeudi 7 avril, celui de Bweru. Selon l’ONU, ce sont au moins 35 000 personnes qui ont été affectées.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a reçu des rapports d’allégations de tirs entendus pendant l’évacuation de ces camps de déplacés. Ces fermetures forcées interviennent alors que les autorités congolaises ont annoncé, en mars, leur volonté de les fermer.

Pour justifier cette décision, les autorités disent soupçonner que certains groupes armés comme les Nyatura ou les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) vivent dans ces camps. Joint par RFI, Andreas Kirchhof, porte-parole du HCR en RDC, indique que plus de 35 000 personnes ont été forcées de quitter leurs camps.

« Nous sommes très préoccupés par la situation parce qu’il y a beaucoup de civils – des femmes et des enfants vulnérables – qui ont dû fuir leur camp et qui n’ont pas d’autres options « secures ». L’armée a donné un message très clair aux habitants en leur ordonnant de vider le site mais ces gens n’ont pas vraiment d’endroits où ils peuvent rentrer », a alerté Andreas Kirchhof avant d’ajouter que ces personnes se sont réfugiées dans des villages ou encore dans des champs se trouvant à côté des sites.

« On estime à plus de 35 000, le nombre de personnes qui ont quitté les camps. Le dernier site vidé, Bweru, hébergeait déjà des gens qui avaient quitté l’autre camp préalablement fermé. C’est en fait un déplacement en chaine pour la population », a dénoncé porte-parole du HCR en RDC qui estime que la bonne approche n’est pas celle de vider un site de toute la population, y compris les civils qui n’ont rien à voir avec cela, mais serait plutôt celle d’organiser « une fouille d’armes pour savoir s’il y a des éléments armés » dans les sites en question.

 

Attentats de Bruxelles et Paris: Mohamed Abrini et trois autres suspects inculpés

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Opération de police à Etterbeeck, près de Bruxelles, samedi 9 avril.

Le Belgo-Marocain Mohamed Abrini, suspect-clé traqué depuis les attentats de Paris interpellé vendredi à Bruxelles, a été inculpé samedi d’« assassinats terroristes », a indiqué le parquet fédéral belge, qui avoue toutefois ne pas savoir s’il est bien « l’homme au chapeau » recherché depuis les attaques à l’aéroport bruxellois.

Trois autres suspects arrêtés vendredi à Bruxelles ont été également inculpés. « Il n’est pas encore possible de se prononcer quant au fait de savoir si Mohamed Abrini est ou non le troisième homme présent lors des attentats à l’aéroport » international de Bruxelles-Zaventem le 22 mars, précise le parquet dans un communiqué.

Placé sous mandat d’arrêt, Abrini est accusé des chefs de « participation aux activités d’un groupe terroriste et d’assassinats terroristes » dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris.

Un autre suspect, identifié sous le nom d’Osama K. (Osama Krayem, selon une source proche de l’enquête), est également inculpé des mêmes chefs d’accusation, mais cette fois dans le dossier des attentats de Bruxelles. Il est « le deuxième homme », qui a été en contact avec le kamikaze qui s’est fait sauter dans la station de métro Maelbeek.

Il était également « présent » dans un centre commercial lors de l’achat des sacs qui ont servi lors de la double explosion-suicide à l’aéroport international de Bruxelles-Zaventem, précise le parquet.

Un Rwandais de 25 ans inculpé

Deux autres hommes interpellés vendredi ont été inculpés et placés sous mandats d’arrêt: Hervé B. M., un Rwandais de 25 ans, arrêté en même temps qu’Osama K., pour «participation aux activités d’un groupe terroriste et complicité d’assassinats terroristes ».

Interpellé vendredi soir dans la commune bruxelloise de Laeken, Bilal E. M., 27 ans, est soupçonné d’avoir aidé Mohamed Abrini et Osama K., et inculpé lui aussi de « participation aux activités d’un groupe terroriste et de complicité d’assassinats terroristes ».

Deux autres personnnes qui avaient été appréhendées en compagnie de Mohamed Abrini ont été relâchées samedi. Les arrestations ont été suivies de plusieurs opérations de police: à Anderlecht, au lieu de résidence possible de Mohamed Abrini, à Laeken au logement d’Hervé B. M., et au logement de Bilal E. M. Ni arme ni explosif n’ont été découverts, indique le parquet, qui évoque également une perquisition « négative » samedi dans la commune d’Etterbeek, dans un appartement qui aurait pu servir de planque.

CHRONOLOGIE ET CHIFFRES CLÉS

Série d’attentats meurtriers en différents endroits du territoire iraki

Série d'attentats meurtriers en différents endroits du territoire irakien
Série d’attentats meurtriers en différents endroits du territoire irakien

Les lieux d’une des attaques, à Bassorah dans le sud du pays. Lundi 4 avril 2016.

Une série d’attentats a frappé le territoire irakien en plusieurs points ce lundi 4 avril 2016. Le bilan de ces attaques, une quinzaine de morts au moins, varie selon les sources. L’organisation Etat islamique a revendiqué une partie de ces attaques, en diffusant plusieurs communiqués via son agence de presse, Amak. Plusieurs dizaines de blessés sont également à déplorer.

L’Agence France-Presse évoque quatre attaques-suicides. L’attentat le plus meurtrier s’est déroulé dans la ville portuaire de Bassorah, dans le sud de l’Irak. Un kamikaze s’est fait exploser dans la rue, dans cette région à prédominance chiite, difficile d’accès pour les groupes jihadistes sunnites.

Un autre attentat-suicide est signalé à un point de contrôle conjoint de la police et l’armée dans le nord de Bagdad. Et deux autres kamikazes se sont fait exploser dans une rue du secteur de Machahda, au nord de la capitale, et dans un restaurant au sud de la ville de Nassiriya, de nouveau dans la partie méridionale de l’Irak.

Des tirs d’obus meurtriers ont par ailleurs touché des maisons à Abou Ghraïb, à l’ouest de la capitale. Toutes ces attaques ciblaient soit une coalition de milices paramilitaires progouvernementales chiites, les Hachd al-Chaabi ou Unités de mobilisation populaire, soit les forces militaires irakiennes elles-mêmes.

Selon Reuters, l’attaque de Machahda ciblait ainsi un convoi des milices chiites, et celle du restaurant de Nassiriya visait un rassemblement desdits groupes paramilitaires. L’agence de presse britannique signale par ailleurs que plusieurs de ces attaques ont été revendiquées par le groupe Etat islamique dans des communiqués diffusés via l’agence Amak.

Le groupe Etat islamique pointé du doigt

L’attentat de Bassorah n’a pas été revendiqué, selon l’AFP, mais le gouverneur Majid al-Nasrawi a déclaré que le groupe EI, « après les revers subis dans l’ouest, cherchait à déplacer la bataille vers le sud » de l’Irak, bastion d’une grande partie de ses adversaires les plus farouches.

Concernant le centre du pays, l’organisation EI s’est emparée, en 2014, de larges pans du territoire au nord et à l’ouest de la capitale. Mais les forces gouvernementales ont repris du terrain ces derniers temps, notamment dans la province d’al-Anbar, à l’ouest de Bagdad, grâce à l’appui de ses alliés extérieurs.

Si la paternité des attentats de ce jour reste à confirmer, notons que le groupe Etat islamique n’en est pas à son premier coup d’éclat meurtrier dans la période récente. Quelque 32 personnes sont mortes le 25 mars dans un attentat ayant frappé un évènement sportif dans la localité d’Iskandariyah, à environ 40 km de Bagdad.

Avant cela, au moins 61 personnes avaient également perdu la vie le 6 mars dernier dans une attaque au camion piégé à un checkpoint de la ville de Hilla, à 80 km au sud de la capitale.