Attaque «terroriste» en plein coeur de Londres

 

Une dizaine de personnes au moins ont été blessées ce mercredi après-midi sur le pont de Westminster, après que de fortes détonations eurent été entendues aux abords du Parlement britannique dans le centre de Londres. Scotland Yard évoque uneattaque « terroriste »

Il y a deux événements séparés. Dans l’enceinte du Parlement, un policier aurait été poignardé et l’assaillant aurait été atteint par des tirs de la police, selon David Lidington, le dirigeant de la Chambre des Communes. La Première ministre britannique, Theresa May, est saine et sauve, a annoncé un porte-parole, sans dire si elle se trouvait au Parlement lors de l’attaque.

L’autre incident s’est déroulésur le pont de Westminster où des tirs ont été entendus et où un véhicule a roulé délibérément sur des passants. On compterait au moins une dizaine de blessés selon des témoins. Les victimes sont actuellement soignées sur place par les services de secours avant une possible évacuation.

Selon les premiers éléments, la police britannique évoque une attaque « terroriste ». « Des policiers, et notamment des policiers armées, restent sur place et nous traitons (ces faits) comme un incident terroriste jusqu’à preuve du contraire », a dit la police dans un communiqué.

CAN 2017: les Burkinabè satisfaits du bronze

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Le stade de Port-Gentil a accueilli ce samedi 4 février la petite finale pour attribuer la troisième place de la CAN 2017. Le Burkina Faso s’est imposé sur le score de 1-0 face au Ghana. A la sortie des vestiaires, les Etalons étaient satisfaits d’avoir remporté la médaille de bronze.

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Le Burkina Faso a réussi à s’imposer 1-0 face au Ghana, au terme des 90 minutes de jeu de la petite finale. Une victoire qui atténue quelque peu la défaite face à l’Egypte lors des demi-finales.

Médaille de bronze pour les Etalons

Gagner face aux Black Stars a permis au Burkina Faso de pouvoir remporter la médaille de bronze. Toutefois, pour Paulo Duarte, sélectionneur des Burkinabè, la tâche était difficile. « Cela n’a pas été facile de récupérer la confiance avant le match face au Ghana. D’ailleurs on a senti cela lors de la première période, où le Ghana a été supérieur, car ils ont fait tourner avec sept nouveaux joueurs, tandis que nous, on a gardé la même base. A la mi-temps on a corrigé ce qui n’allait pas. Les joueurs ont compris. On a créé beaucoup d’occasions et on a réussi à marquer d’une manière splendide. Le bilan est extraordinaire pour le Burkina Faso, qui jusqu’à maintenant n’avait participé qu’à une finale et a remporté pour la première fois la médaille de bronze, même si on a une saveur amère dans la bouche », admet l’entraîneur portugais.

Quant au buteur de la soirée, Alain Traoré, il n’oublie pas ce qui fait la force de cette équipe du Burkina Faso : la solidarité. « Bertrand provoque la faute et je tire bien. C’est la victoire du collectif et non des individualités. Depuis le début de la compétition, on ne lâche rien. On est parvenu à une consécration avec la victoire face au Ghana. On joue toujours à fond jusqu’à la dernière minute, où certaines équipes se relâchent », concède le milieu offensif burkinabè.

La rencontre n’aura pas été de tout repos, comme nous le rappelle Bertrand Traoré, attaquant des Etalons : « C’était un match très compliqué et je ne veux pas remettre une couche sur la pelouse, même si elle a compliqué la tâche aux deux équipes. Je pense que le Ghana a eu sa mi-temps et nous la notre. On a mieux joué en deuxième période et on est récompensé par cette victoire. Effectivement on était fatigué, ça s’est ressenti, mais je pense qu’avec la volonté, on a poussé, et on a pu le faire. Le Burkina, c’est la détermination et on ne lâche rien ».

Une récompense amère

La troisième place acquise par le Burkina Faso, est la deuxième meilleure performance de l’équipe à la Coupe d’Afrique des nations, après la finale perdue en 2013 face au Nigeria. Une satisfaction pour Alain Traoré : « En cinq participations, j’ai deux médailles, une en argent et une en bronze. Je voulais l’or, mais bon, on est très contents. On va rentrer chez nous en étant la troisième nation africaine. C’est une récompense pour nous », s’exclame le milieu de terrain de Kayserispor en Turquie.

Le parcours du Burkina Faso a été semé d’embûches, tant sur le plan sportif avec des matches compliqués dès la phase de groupe, mais aussi sur le plan mental. « Beaucoup de personnes ne croyaient pas en nous. On ne voyait pas le Burkina Faso arriver à cette place-là. Je pense qu’il n’y a pas de secrets, c’est le travail qui paye. On a fait beaucoup de sacrifices car on a laissé nos familles dès le 28 décembre. On est très fiers ce soir, ça a payé, car face à l’Egypte, on ne devait pas perdre », martèle Aristide Bancé, l’attaquant des Etalons.

Pour Préjuce Nakoulma, attaquant burkinabè, il faut savoir se contenter de ce qu’on a, même si l’objectif était bien plus élevé. « Notre objectif était de jouer la finale. On n’a pas pu le faire, mais la troisième place est méritée. On a vraiment tout donné pour sortir la tête haute du tournoi. On était déçu face à l’Egypte car on avait bien joué. Le football est ainsi fait et on prend la médaille de bronze avec fierté et honneur », souligne Préjuce Nakoulma, attaquant qui va évoluer au FC Nantes, en première division française.

Du côté du technicien portugais, Paulo Duarte, la satisfaction était énorme, mais il affirme qu’il aurait quand même voulu plus. « La troisième place a été méritée, mais je pense qu’on aurait dû être en finale. Personne ne nous a battus. On a gagné trois fois et on a fait trois nuls. Notre meilleur match a été face à l’Egypte avec 65% de possession de balle. J’ai toujours cru que le trophée serait pour nous », assure Paulo Duarte, l’entraîneur du Burkina Faso.

Les Etalons vont maintenant se tourner vers d’autres objectifs, comme la Coupe du monde 2018 en Russie. Leur prochain match pour les éliminatoires dans la Zone Afrique sera au Sénégal, le 28 août 2017.

L’avenir de la Gambie suspendu au bras de fer entre Yahya Jammeh et la Cédéao

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Après avoir reconnu sa défaite à l’élection présidentielle du 1er décembre, Yahya Jammeh a finalement annoncé qu’il ne quitterait pas le pouvoir et réclamé un nouveau scrutin. Les pressions diplomatiques n’ont rien changé. Pour le moment, Yahya Jammeh reste déterminé à se maintenir à son poste.

Depuis des semaines, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) le met en garde et envisage même une intervention militaire pour faire respecter le résultat de la présidentielle. Mais les menaces n’ont rien changé à la position de Yahya Jammeh, comme l’a montré son discours du Nouvel An.

« Je vais être très clair : nous sommes prêts à défendre ce pays contre toute agression et il n’y aura aucun compromis sur ce point. Il est incontestable que la perception de la situation par la Cédéao et sa volonté à faire appliquer le résultat de l’élection du 1er décembre sont totalement illégales. Et cela viole le principe de non-ingérence dans les affaires d’un Etat membre. »

Yahya Jammeh y voit même « une déclaration de guerre et une insulte à notre Constitution ». « Sans une solution juste et si la Cédéao ne renonce pas à l’expression « usage de la force », alors nous resterons dans l’impasse. Avec le risque d’une escalade vers une confrontation militaire », a-t-il prévenu.

Peu de place à la discussion

Selon l’analyste politique Sean Smith, responsable Afrique de l’Ouest au cabinet Verisk Mapelcroft, le président gambien cherche en fait à faire monter la pression avant des échéances importantes.

« Les prochaines semaines seront cruciales. D’abord le 10 janvier, la Cour suprême qui a été reconstituée à la hâte, va étudier l’appel de Yahya Jammeh concernant les résultats de la présidentielle. Comme cette cour était en sommeil depuis 20 mois et que le chef de l’Etat a choisi les juges manquants tout récemment, il est probable qu’elle se prononce en sa faveur et qu’elle exige de nouvelles élections. »

Mais dans le même temps, Adama Barrow est censé prendre ses fonctions le 19 janvier, souligne l’expert. « Son équipe, avec le soutien de la Cédéao, a décidé que l’investiture aurait lieu quelle que soit la décision de la Cour suprême. D’ailleurs la commission électorale a déjà dit qu’il n’y avait aucune raison légale pour empêcher cette investiture. Donc la tension va très probablement s’accentuer, car aucun des deux camps ne semble prêt à reculer. »

Coup de bluff ou jusqu’au-boutisme ?

Avec ou sans décision de la Cour suprême, Yahya Jammeh semble donc déterminé à aller jusqu’au bout. C’est en tout cas que pense l’une de ses anciennes conseillères en communication, aujourd’hui exilée aux Etats-Unis, Fatu Camara. Elle, ne croit pas au coup de bluff.

« Yahya Jammeh est désespéré et prêt à tout pour rester au pouvoir, parce qu’il sait que s’il n’est plus président, il n’est plus personne. Et il ne veut pas vivre cette vie-là. Donc s’il se retrouve coincé, ne soyez pas surpris qu’il fasse quelque chose de vraiment vraiment fou. »

Fatu Camara estime que s’il avait voulu quitter le pays, il l’aurait déjà fait. « Beaucoup de personnes disent qu’il cherche une immunité et d’autres garanties, mais Yahya Jammeh a un petit bateau rapide à la marine, s’il voulait partir il l’aurait déjà fait depuis longtemps, à mon avis. Mais là, regardez ce qui se passe : des arrestations d’opposants, des radios fermées… ce qu’il est en train de faire, c’est de rétablir un climat de peur. Pour faire peur aux Gambiens et leur rappeler : je suis là. »

Le chef de l’Etat semble donc avoir recours aux méthodes qui lui ont permis d’asseoir son pouvoir ces 20 dernières années. Mais selon le chercheur Niklas Hutlin de l’université Georges-Mason aux Etats-Unis, le président gambien n’est pas en mesure de s’entêter et de faire face à une intervention ouest-africaine.

« L’armée gambienne n’est pas assez forte, surtout qu’il aurait en face de lui le Sénégal et le Nigeria qui sont des acteurs majeurs. Il n’a pas le soutien de sa population. Il n’a probablement pas le soutien de 100% des militaires, des policiers et des forces de sécurité donc, à mon avis, il va y avoir une issue assez courte et confuse à tout cela. »

La Cédéao se prépare en tout cas à une éventuelle intervention en Gambie. Ce que l’on appelle les forces d’attente ont été mises en alerte en attendant de voir ce que fera Yahya Jammeh le 19 janvier

Syrie: malgré le cessez-le-feu, les combats font toujours rage

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Les combats continuent en Syrie, malgré le cessez-le-feu décrété la semaine dernière, notamment dans la localité rebelle de Wadi Barada, à une quinzaine de kilomètres de Damas, particulièrement stratégique puisqu’elle abrite les ressources en eau qui alimentent la capitale. Sur un autre front, à Idleb, dans le nord-ouest du pays, plusieurs raids ont frappé, mardi 3 janvier, des jihadistes du Front Fateh al-Cham, l’ex-branche syrienne d’al-Qaïda.

Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

L’Observatoire syrien des droits de l’homme parle de 25 morts, la télévision panarabe al-Mayadeen, proche de Damas, avance, quant à elle, un bilan de 40 victimes.

Les raids ont visé l’un des sièges les plus importants du groupe en Syrie, dans la localité de Sarmada. Les avions ont effectué plusieurs passages et attaqué aussi un check-pointdu groupe jihadiste. L’ancien Front al-Nosra a accusé dans un message sur l’application cryptée Telegram les avions de la coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis, d’avoir mené les bombardements.

Dans un tweet, l’opposant syrien Bassam Jeara a accusé des groupes rebelles, qu’il n’a pas nommés, d’avoir « trahi » Fateh al-Cham en fournissant à la coalition internationale les coordonnées des positions visées par les raids. L’ancienne branche d’al-Qaïda est exclue du cessez-le-feu garanti par la Russie et la Turquie. Le groupe a d’ailleurs rejetéla trêve en vigueur depuis le 29 décembre.

Son « émir » à Wadi Barada, à 18 kilomètres au nord de Damas, a reconnu la responsabilité de son groupe dans l’interruption de l’approvisionnement en eau de Damas et de ses environs depuis le 22 décembre, privant quatre millions de personnes d’eau courante. De violents combats se déroulent dans ce secteur, où l’armée syrienne tente de reprendre la source d’al-Fija, qui alimente la capitale.

« Il y a eu des attaques contre cette région (tenue par l’opposition) ; à cause de ces attaques des infrastructures ont été détruites. Il y a eu des morts et des blessés.
Lorsque je parle d’infrastructures, ce sont des infrastructures de base. Al-Fija, la source d’eau potable qui alimente Damas, est complètement détruite. L’eau s’écoule dans la nature et c’est la panne sèche à Damas
», atteste Tariq Al Dimashqui, militant de l’opposition, dans la Ghouta orientale. Un secteur lui aussi visé par des offensives : les forces du régime progressent vers deux villages, Mayda-ani et Hazrama, deux fiefs rebelles.

« Ce cessez-le-feu va subir le même sort que les autres »

Ces affrontements font dire à l’opposant syrien Abdulahad Astepho, vice-président de la Coalition nationale syrienne, que ce cessez-le-feu est en train de connaître le même destin que ses prédécesseurs. « Malheureusement, c’est comme les autres trois cessez-le-feu précédents. Cela commence bien, il couvre plus ou moins 80%. Et puis, au fur et à mesure avec le temps, finalement, les violations de cessez-le-feu continuent. Et malheureusement, ce cessez-le-feu va subir le même sort que les autres. »

Il déplore un manque de contrôle qui ne permet pas de garantir son respect par les différentes parties. « Déjà dans le texte de la résolution 2336, il n’y avait pas de mécanisme pour le contrôle proposé par les Nations unies ou les pays garants de ce cessez-le-feu. Je veux dire par là, la Russie et la Turquie. Il y a actuellement des contacts surtout avec ces pays garants, et les autres, pour voir s’il y a moyen de contenir un petit peu et essayer de contrôler toutes ces violations. Bien sûr, par le régime et ses alliés. »

La Côte d’Ivoire prête à en découdre avec la France

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Flamme Médias.

La Côte d’Ivoire va disputer ce mardi 15 novembre un match amical face à la France au stade Bollaert-Delelis à Lens. Les deux équipes s’affrontent pour la deuxième fois de leurs histoires et les Ivoiriens sont prêts pour le duel.

Il y a onze ans, la Côte d’Ivoire avait affronté pour la première fois la France lors d’une rencontre amicale qui s’était disputée au stade de la Mosson à Montpellier le 17 août 2005. Les Français s’étaient imposés 3-0. Les buts avaient été marqués par William Gallas, Zinedine Zidane et Thierry Henry. En 2005 la star des Éléphants, l’attaquant Didier Drogba, n’avait pas réussi à trouver la faille dans la défense française. Ce mardi 15 novembre, au stade Bollaert-Delelis, la confrontation promet d’être plus équilibrée.

Giovanni Sio à la pointe de l’attaque

L’attaque de la Côte d’Ivoire est restée bredouille lors du dernier match des éliminatoires de la Coupe du monde, 0-0 face au Maroc, mais c’était surtout la première rencontre sans Gervinho. Le secteur offensif avait été confié à Giovanni Sio, l’attaquant de Rennes, ainsi qu’à Jonathan Kodjia, l’avant-centre d’Aston Villa. Un duo qui n’a pas énormément de repères ensemble.

L’amical face à la France sera une occasion de rôder ce duo avant la CAN. Une rencontre sur le sol français, particulièrement pour Giovanni Sio : « C’est une fierté de pouvoir affronter l’équipe de France. On connaît les qualités des joueurs des Bleus. On sera fiers de porter les couleurs de la Côte d’Ivoire pendant ce match ».

L’attaquant de Rennes n’oublie pas que la Côte d’Ivoire va se présenter diminué pour ce match, et même pour la CAN. « C’est inquiétant de voir des blessés comme Gervinho, Eric Bailly ou encore Thomas Touré. On va devoir gérer ces absences. On doit rester solides. Il n’y a pas de pression. On se connaît tous, on sait qu’on est capable de gérer. Si le sélectionneur m’appelle, c’est qu’il a confiance en moi ». Giovanni Sio l’assure, la Côte d’Ivoire a une génération qui vaut le détour : « Il y a beaucoup de jeunes talents dans notre sélection. Il fallait un peu de changements. Les anciens ont fait leur travail et c’est à nous de prendre le relais. On a beaucoup d’envies. »

Nicolas Pépé, première convocation

Un des symboles de cette jeunesse est Nicolas Pépé. L’attaquant d’Angers, âgé de 21 ans, a fait ses premiers pas en Ligue 1 cette année, ce qui lui permet d’évoluer. « Cette saison j’ai découvert la Ligue 1 et j’essaye d’apprendre avec mes coéquipiers. J’essaye de progresser de jour en jour », souligne le jeune avant-centre.

Nicolas Pépé, au micro de RFI, nous a fait part de ses sentiments quant à sa première convocation : « J’ai ressenti de la joie. J’ai été appelé pour représenter la sélection ‘A’ de mon pays. Tout va vite dans le foot. L’année dernière j’étais en National, et là, être appelé en sélection, c’est que du bonheur. J’en profite un maximum. Il y a une certaine pression car tout le pays va nous regarder. Je vais essayer de gérer cette pression au mieux et de faire de bonnes prestations si je joue. »

Ce mardi 15 novembre, la Côte d’Ivoire va affronter la France avec une pensée pour la CAN, car ce match sert déjà de préparation pour la compétition qui va se dérouler au Gabon au début de l’année prochaine. Pour un joueur comme Nicolas Pépé, cela serait un rêve d’y participer : « C’est dans un coin de ma tête la CAN. Être appelé là maintenant, c’est un plus car on est proche de la compétition. C’est un rêve de jouer pour la sélection et de pouvoir être présent lors de cette épreuve. »

Une certitude pour ce match de gala à Lens, la France devra se passer de quelques-uns de ses cadres comme Antoine Griezmann, blessé, et d’autres devraient être laissés au repos comme le gardien Hugo Lloris.

 

L’élection de Donald Trump et la question de la coopération militaire en Afrique

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Une transition en douceur, c’est ce que Barak Obama, le président américain, veut désormais après l’élection de Donald Trump. L’actuel locataire de la Maison Blanche doit recevoir son successeur ce jeudi pour organiser le passage de relais. Plusieurs dossiers concernent spécifiquement l’Afrique comme l’immigration, l’économie, l’environnement, ou encore la coopération militaire.

Officiellement, les Etats-Unis ne reconnaissent qu’une seule base militaire en Afrique à Djibouti où 3 000 à 4000 hommes sont déployés. C’est le point de départ d’opérations contre les shebabs en Somalie, ou contre les pirates du golfe d’Aden. Evidemment, la présence américaine est beaucoup plus large. L’Africom, c’est le nom du commandement américain pour l’Afrique, dispose en fait d’un maillage très étroit, dans 45 pays africains, selon le département d’Etat.

Il s’agit parfois de simples conseillers de défense et parfois de véritables postes avancés. C’est le cas au Kenya, en Centrafrique, en Ouganda, mais aussi dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest comme au Sénégal, au Mali, au Niger et au Ghana. En résumé, l’armée américaine est présente à peu près partout en Afrique avec des moyens plus ou moins importants, et une importante capacité de déploiement, en cas de besoin.

Une présence récemment renforcée

Sous l’ère Obama, cette présence s’est renforcée. Notamment au Cameroun, où 300 militaires ont été envoyés il y a un peu plus d’un an pour lutter contre Boko Haram. Les militaires américains se limitent officiellement à des missions de formation et surtout de renseignement, au Cameroun et dans les pays du bassin du lac Tchad. Grâce à des drones, au moins deux selon une source sécuritaire camerounaise, et en collaboration avec la force française Barkhane, la Force d’intervention conjointe multinationale et, bien sûr, l’armée camerounaise.

Après l’élection de Donald Trump à la Présidence américaine, aucune déclaration officielle des autorités camerounaises. Mais un cadre du ministère de la Défense affiche sa confiance : « ils ont prévu de monter en puissance », assure cette source, qui cite même le projet de construction d’une base de maintenance pour l’aviation. Et de conclure : « je ne pense pas que cela va se desserrer, les intérêts américains dans la région sont supérieurs à quelques exigences de politique interne. Ils ne partiront pas de sitôt. »

Au Sénégal, avec qui les Etats-Unis ont signé un accord de coopération militaire il y a six mois, on ne trouve pas de base à proprement parler, mais des entraînements communs et surtout des moyens – non précisés – pour réagir très vite, en cas d’attaque terroriste par exemple.

Le Niger, hub régional

Enfin, il y a aussi le Niger, où le Pentagone a confirmé, il y a un peu plus d’un mois, la construction en cours d’une base aérienne pour déployer des drones. Elle est située à Agadez, pour un coût final estimé à 100 millions de dollars. C’est l’effort militaire américain le plus important en Afrique de l’Ouest et fait du Niger un hub régional clé des opérations militaires des Etats-Unis.

A Niamey, sur l’aéroport de Diori Hamani, la base française 101 accueille des forces américaines. Ici, l’opacité l’emporte et Niamey a déroulé en toute discrétion le tapis rouge à Washington. Combien d’Américains au Niger ? On ne sait pas. Une certitude, tout comme le 11 septembre, l’invasion du Nord Mali par des groupes jihadistes est un tournant avec notamment le renforcement du dispositif de surveillance avec des drones Reaper.

Elu en 2008, Barack Obama applique le « smart power », en français : la « puissance subtile ». L’Amérique tourne la page de la brutalité de l’administration Bush. Trump va-t-il faire du Bush? Le candidat a dit vouloir une guerre totale contre le terrorisme mais a critiqué tout interventionnisme. Le soutien au Niger et au Sahel sera-t-il maintenu, voire plus soutenue ?

Impossible pour le moment de savoir les conséquences que l’élection de Donald va avoir sur tout ce dispositif. Aucune déclaration précise n’a été faite sur ce sujet, pas plus que sur les autres d’ailleurs, pour le moment. Les propos isolationnistes de Donald Trumppeuvent le laisser craindre, mais ce n’est pas ce que pense un haut diplomate américain spécialiste de l’Afrique, pour qui l’armée américaine devrait vite rappeler au nouveau président les intérêts stratégiques de son pays.

A (re)lire : Quelle sera la politique africaine de Donald Trump?

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